Bedouin Soundclash SEVmat.jpg (6557 octets)
" Sounding a Mosaic "
Reggae-Songwriting (CAN)
2005 / Side One Dummy Records
Temps Total : 52’04

1. When the Night Feels my Song 2. Shelter 3. Living in Jungles
4. Money Worries 5. Gyasi Went Home 6. Shadow of a Man
7. Jeb Rand 8. Criminal 9. Murder on the Midnight Wire
10. Music my Rock 11. Rude Boy Don't Cry 12. Immigrant Workforce
13. Nothing to Say 14. Money Worries (E-Clair refix) 15. Rude Boy Abroad (Lazare Breakdub)

Leur morceau "When the Night Feels my Song", introduction de ce deuxième album (le premier étant sorti seulement sur Stomp Records et mal distribué hors du Canada), nous avait déjà fait un certain effet sur la compilation Atticus Dragging the Lake 3. On attendait donc beaucoup de cet ovni estampillé Side One Dummy et retenu, malgré son style, pour le Warped Tour 2005. L’attente aura été brève pour un résultat qui n’est pas seulement à la hauteur de nos espérances : on ne pouvait pas décemment imaginer un disque aussi sensationnel !

Pour revenir au début de l’histoire, Bedouin Soundclash est un trio canadien formé de Jay Malinowski (guitare/chant), Pat Pengelly (batterie), Eon Sinclair (basse). Issu d’un bled de l’Ontario dénommé Kingston, ce n’est peut-être pas un hasard si les trois de Bedouin Soundclash sont des amateurs de reggae. Mais pourquoi avoir intéressé un label punk ? Parce que, premièrement, vu la qualité et l'originalité proposées, n’importe quel label devrait avoir envie de signer un tel groupe. Et deuxièmement, parce que Bedouin Soundclash a clairement une sensibilité rock. Inclassable, le trio se joue des étiquettes musicales et brouille les pistes : le ska-reggae acoustique de Chris Murray n’est pas loin, le early-reggae jamaïcain des Slickers, Ethiopians ou du jeune Jimmy Cliff est aussi de la partie, sans oublier Police et le Clash de Joe Strummer pour l’’apport rock, ni les sonorités modernes (electro-dub, jungle), savamment employées ici. Certains y verront aussi une version plus roots et moins électrique des regrettés californiens Sublime.

Chez Bedouin Soundclash, le groove est assuré par la basse de Eon Sinclair et le touché rock du batteur Pat Pengelly qui rappelle celui de Stewart Copeland. La voix douce et le songwriting épuré, apaisant mais osé, de Jay Malinowski se chargent du reste. Complètement à contre-courant, Sounding a Mosaic brave les barrières et anachronismes musicaux avec un talent déconcertant. Difficile de sortir un ou deux singles du lot, puisque c’est une véritable avalanche que l’on reçoit de plein fouet. "Rude Boy Don’t Cry", "When the Night Feels my Song", "Money Worries", "Immigrant Workforce", "Gyasi Went Home", "Criminal", "Shadow of a Man" ou "Murder on the Midnight Wire" sont autant de grand moment qui ne s’adressent d’ailleurs pas qu’aux amateurs de reggae mais aux mélomanes tout simplement. Autant à leur place sur un dancefloor que sur un registre folk intimiste, Bedouin Soundclash a un talent indiscutable pour la composition. Pour clôturer l’album, "Money Worries" est remaniée par le bassiste Eon Sinclair, pour une version electro-tribale, alors que "Rude Boy Don’t Cry" est remixé divinement par le violoniste français Paul Lazare.

On peut rajouter que Sounding a Mosaic est produit par Darryl Jenifer des Bad Brains et que le très beau graphisme de la pochette est une toile réalisé par Jay Malinowski lui même. Un album majeur pour un groupe qui a toutes les cartes en main pour le devenir. Il leur suffira de confirmer avec le prochain album, déjà en préparation. On parle même déjà d’un featuring de deux Beastie Boys. Rendez-vous début 2006 donc !

MaL (08/05)