Brazen SEVmat.jpg (6557 octets)
" Orphaned "
Emo-rock / Post-rock (CH)
2003 / Sticksister Records
Temps Total : 44'45

1. The Last Straw 2. No Remorse 3. Procrastination Days
4. Authority Again 5. Laconic 6. Maple Cell
7. Machines of Time 8. Lulls 9. Thin Lines

          Après un EP, As Floods Decrease, et un split avec Kevlar qui annonçait déjà en deux titres ce que, le quatuor genevois deviendrait aujourd’hui, Brazen sort enfin Orphaned, premier véritable album, chez Sticksister / Stickman, écurie allemande qui compte déjà Favez, Motorpsycho, Isolation Years, Reiziger ou Slut dans son roster. Le virage musical dont on a tant entendu parler se fait effectivement sentir : Orphaned s’avère très mélodique. D’un post-hardcore relativement brut, Brazen est passé à un rock incroyablement chargé en émotion sans pour autant laisser de côté ses structures novatrices et arrangements complexes. Un changement qui en aura dérouté plus d’un. Pourtant à l’écoute des très bons « The Last Straw », « Procrastination Days », « Laconic » ou « Lulls », on ne peut s’empêcher de trouver qu’ Orphaned est un disque réussi. La comparaison avec Cave In, si elle est logiquement immédiate, devient franchement abusive lorsqu’on parle de copie. Cave In, qui a subi une évolution stylistique peut-être encore plus brutale et qui brille aujourd’hui en pratiquant un emo-rock aérien superbe, pond des chansons plus sages et plus structurées dans l’ensemble. C’est principalement dans les envolées mélodiques dont le plus bel exemple est l’écoute de « Machines of Time », que Brazen rappelle terriblement Stephen Brodsky et sa bande. Mais les restes post-hardcore de Brazen sont encore présents : quelques riffs tranchants sont semés par-ci par-là, le chant peut aussi se révéler moins mélodique et la batterie s’avérer incroyablement oppressante par une utilisation parfois abusive des cymbales. Par moments, on ne sait pas trop ou Brazen va, et l’auditeur devra rester (très) concentrer pour ne pas perdre le fil (et l’intérêt) de cette sorte d’improbable rencontre entre Sunny Day Real Estate et The Mars Volta. Mais n’en demandons pas trop à Orphaned qui n’est qu’une (bien belle) étape dans l’évolution musicale d’un combo qui doit encore faire des choix. La prod, quant à elle, est signée Serge Morattel et nous rend d’autant plus impatient de connaître la suite…

MaL (10/03)