Gogol Bordello SEVmat.jpg (6557 octets)
" Gypsy Punks : Underdog World Strike "
Gypsy-punk / Reggae-punk (USA)
2005 / Side One Dummy Records
Temps Total : 63'37

1. Sally 2. I Would Never Wanna Be Young Again 3. Not a Crime
4. Immigrant Punk 5. 60 Revolutions 6. Avenue B
7. Dogs Were Barking 8. Oh No 9. Start Wearing Purple
10. Think Locally Fuck Globally 11. Underdog World Strike 12. Illumination
13. Santa Marinella 14. Undestructable 15. Mishto!

Eugene Hutz (chant/guitare acoustique et fondateur du groupe) est ukrainien. Sergey Rjabtzev (violon) et Yuri Lemeshev (accordéon) sont russes. Oren Kaplan (guitare) et Rea Mochiach (basse) sont israëliens. Eliot Ferguson (batterie) est californien. À eux six, ils forment le groupe de gypsy-punk new-yorkais Gogol Bordello. Multiculturel évidemment, Gogol Bordello n’est pas un cliché épuré de la musique d’Europe de l’Est ni un énième clone de Goran Bregovic. Au contraire, la musique du groupe a vraiment une énergie punk, sans compter qu’elle va parfois piocher jusque dans le reggae et le dub jamaïcain, le jazz (manouche et klezmer bien sûr mais pas seulement) ou le rock n’ roll. Bande d’insoumis déracinés les six dégagent, derrière une ambiance festive bien présente, une réflexion sociale et politique forcément internationaliste et alternative.

Voilà qui devrait nous permettre de parler un peu plus en profondeur de ce Gypsy Punks : Underdog World Strike, troisième album du groupe mais premier a sortir sur le label punk-rock Side One Dummy, toujours aussi inspiré lorsqu’il s’agit de signer des groupes originaux et novateurs (Maxeen, Flogging Molly, Bedouin Soundclash). Car Gypsy Punks est un bon album et peut vous réconcilier avec les musiques tziganes et plus généralement d’Europe de l’Est, musiques trop souvent utilisées à toutes les sauces pour leur apport festif.

Chez Gogol Bordello, violons et accordéons sont heureusement utilisés avec intelligence et l’enregistrement - signé Steve Albini, s’il vous plaît - donne un rendu live du plus bel effet. Les morceaux à consonances reggae-punk sont très réussis ("Immigrant Punk", "Underdog World Strike", "Sally", "Avenue B", "Undestructable") mais la grande majorité des quinze titres sont de qualités. Petit plus qui ne gâche rien, le packaging digipack trois-volets entièrement noir et jaune est splendide. L’un des seuls défauts du disque reste peut-être sa durée de vie : à ne pas écouter trois fois par jour sous peine de ne retenir finalement de Gogol Bordello que l’aspect festif dégagé par la musique tzigane. Aspect qui peut s'avérer pénible.

MaL (09/05)