| Mars Volta | ![]() |
| " De-Loused in the Comatorium " | |
| Post-hardcore / Rock expérimental (USA) 2003 / Universal Records Temps Total : 60'53 |
| 1. Son et Lumière | 2. Inertiatic ESP | 3. Roulette Dares (The Haunt Of) |
| 4. Tira Me a Las Aranas | 5. Drunkship of Lanterns | 6. Eriatarka |
| 7. Cicatriz ESP | 8. This Appartus Must Be Unearthed | 9. Televators |
| 10. Take the Veil Cerpin Taxt |
At the Drive In n'est plus! De ses cendres sont nées deux formations, Sparta et The Mars Volta. Et on comprend pourquoi. Alors qu' At the Drive In se plongeait dans le post-hardcore comme peu de groupes l'avait fait auparavant, Sparta et son bon premier album Wiretap Scars est nettement plus conventionnel dans sa façon d'aborder le rock. De l'autre côté, Omar Rodriguez-Lopez et Cedric Bixler Zavala, sont, avec Mars Volta (et un certain Flea à la basse pour le studio!!), aller beaucoup plus loin! Beaucoup beaucoup plus loin... Disons le franchement, Mars Volta ne respecte rien : le patronyme du combo ne figure même pas sur la pochette, le livret est psychédélique au possible, le format des chansons est complétement anti-radiophonique (sept à douze minutes!). Il faut croire que pour les deux potes chevelus Omar et Cedric la brêche inventive ouverte par le post-hardcore était elle-même trop conventionnelle! Et après avoir fait sauté toutes les barrières, il ne reste ici de rock que la structure basse-guitares-batterie-chant. D'autant que les instruments divers (hammond, piano, percus, ...) sont aussi présents que les samples! Musicalement, De-Loused in the Comatorium devient vite complétement déroutant et on s'accroche aux courts mais multiples passages post-hardcore comme à des bouées de sauvetages. Souvent encore plus réussis que chez ATDI, ces passages dégagent une urgence et une mélancolie glauque que l'on retrouve dans la rythmique basse-batterie de Queens of the Stone Age. La voix, elle, est incroyablement travaillée et alors que la déstructuration musicale et quasi totale (ne cherchez en tout cas pas de modèle couplets-refrain) le chant très mélodique donne une texture importante à la plupart des morceaux. Au sein du même titre peut se bousculer émo, ambiance électronique, quasi-dub, afrobeat ou samples indus pour céder la place, après un simple break de batterie, à un post-rock rapide et agressif, à un metal-chaotique auquelle on aurait retiré la brutalité, ou à un phrasé psychédélique qui va puiser dans les plus obscures délires sonores des 70's, sorte de jam-session sous acide entre Pink Floyd et Deep Purple. Très exigeant à l'écoute ce disque demande une attention de tous les instants mais possède une richesse musicale que l'on ne peut que se réjouir d'explorer. Si l'expérimentation extrême de The Mars Volta est parfois un peu poussive, il reste que tous les morceaux ont leur lot de surprises et d'intérêts. Un disque superbe pour les aventuriers sonores... Mais aussi un disque à consommer avec modération : n'oublions pas The Mars Volta ferait passer Cave In, Time in Malta, At the Drive In ou Queens of the Stone Age pour du rock formaté FM!
MaL (07/03)