| Rancid | ![]() |
| " ...And Out Come the Wolves " | |
| Punk / Ska-punk (USA) 1995 / Epitaph Records Temps Total : 49'37 |
| 1. Maxwell Murder | 2. The 11th Hour | 3. Roots Radical |
| 4. Time Bomb | 5. Olympia, WA | 6. Lock, Step & Gone |
| 7. Junkie Man | 8. Listed M.I.A. | 9. Ruby Soho |
| 10. Daly City Train | 11. Journey to the End of the East Bay | 12. She's Automatic |
| 13. Old Friend | 14. Disorder & Disarray | 15. The War's End |
| 16. You Don't Care Nothin' | 17. As Wicked | 18. Avenues & Alleyways |
| 19. The Way I Feel |
Il n'est pas facile de chroniquer l'un des plus grands albums de punk jamais sorti. Et il est encore plus difficile de lui trouver les points faibles sans lesquelles la critique n'est plus une critique mais un plaidoyer. Bon commençons par nous remettre dans le contexte. On est en 1995 et le punk rock vient d'éclater au grand jour avec l'avénement du "Smash" d'Offspring et du "Let's Go" de ...Rancid chez Epitaph ainsi que du désormais célèbre "Dookie" de Green Day du côté de Lookout Records. De ces trois groupes, Rancid, malgré de nombreux passages sur MTV et des offres de signatures sur des majors, restera un peu en retrait d'un point de vue strictement commercial. Contrairement à Offspring puis Green Day, Rancid ne signera pas sur une major. Le naufrage musical (pas financier, bien sûr !) dans lequel se trouvent Green Day et Offspring à l'heure actuelle nous montre que la bande à Tim Armstrong a fait (artistiquement) le bon choix. "...And Out Come the Wolves" ainsi que les deux suivants opus sont là pour en témoigner. Si l'album qui nous intéresse particulièrement ici a fait l'effet d'une bombe, c'est pour plusieurs raisons, mais c'est surtout parce que c'en est une! Plus sérieusement, jamais un album de punk avait été aussi inventif et évolué techniquement. Bien sûr les choses ne pouvaient pas vraiment mal tourner avec le trio Armstrong-Freeman-Frederiksen à la composition. Mais aurait-on jamais osé esperer un tel chef d'oeuvre?? De "Maxwell Murder" dans laquelle Matt Freeman ouvre le bal d'un solo de basse magistral, à "Avenues & Alleyways" en passant par "Roots Radicals", la génialissime "Lock, Step & Gone", "Junkie Man", "Ruby Soho" ou encore "Journey to the East Bay", on ne sait plus vraiment où donner de la tête. Les deux guitares (Lars Frederiksen et Tim Armstrong), tantôt rythmiques tantôt mélodiques, sont utilisées magnifiquement et permettent des effets très intéressants. Avec "...And Out Come the Wolves", Rancid a enfin reussi à réunir ce qu'il cherchait depuis longtemps : l'inventivité du rock expérimental, l'ambiance "sale" du punk 77 et l'énergie du punk rock des années nonantes. En regardant les influences du quatuor, on comprend mieux l'ecclectisme : Billy Bragg, Sham 69, le Clash, Motorhead, et beaucoup de reggae. Cette grande diversité d'écoute se repercute directement sur les compos : pour la première fois Rancid n'hésite pas à se lancer dans le ska punk. L'essai est bien evidemment réussi à tel point que outre les excellentes "Old Friend" et "Daly City Train", on a le droit à "Time Bomb" qui est à mon sens un des plus beaux morceaux de ska-punk jamais composé. Visiblement, Tim et Matt n'ont pas oubliés le bon vieux temps où ils jouaient dans Operation Ivy puis dans Dance Hall Crashers. Pour trouver un défaut à cet album, disons que "She's Automatic" est loin d'être un monument du punk et qu'elle est même un peu nasillarde à la longue. Mais il s'agit là d'un tout petit talon d'Achille qui ne fait pas le poids face au reste de l'album. En raison de son impact on a souvent comparé "...And Out Come the Wolves" au "London Calling" du Clash. Effectivement cet album, comme celui du Clash, influencera tout une générations de groupes punk. Mais musicalement (et ça c'est un putain de compliment) "...And Out Come the Wolves" est nettement superieur. Bref vous aurez compris : si je ne devrais emporter qu'un seul disque sur une île déserte, eh ben ça serait celui là!
MaL (02/02)