Tagada Jones SEVmat.jpg (6557 octets)
" L'Envers du Décor "
Punk / Hardcore / Metal / Electro (FRA)
2003 / Enragés Productions
Temps Total : 40’23

1. {'DABLJU:} 2. A Gauche Comme A Droite 3. Ecowar
4. Un Kulte 5. S.O.S. 6. Les Cobayes
7. Reality Show 8. Contre Courant 9. Apocalypse
10. Euthanasie 11. Star System 12. Cash
13. S.O.S. Dub

        Les Rennais de Tagada Jones avaient finit par résolument sortir du lot punk/hardcore français avec un superbe Manipulé, annonciateur d’une nouvelle ère pour le groupe. Trois ans plus tard, s’est avec L’Envers du Décor que Tagada Jones compte faire encore plus fort. Et on est immédiatement ravi de constater que le son, seul talon d’achille de Manipulé, est enfin à la hauteur au niveau puissance et est aussi nettement plus propre. Autre avantage non négligeable, il permet enfin de discerner clairement les paroles de Nico, encore plus virulentes et intelligentes que par le passé. De la dérive sécuritaire aux OGM, de l’intermittence à l’euthanasie, Tagada Jones traitent ici des problèmes sociaux avec autant de réflexion que de violence.
        Musicalement, les Bretons semblent se rapprocher de plus en plus de leurs collègues No Place For Soul et leur mélange engagé de metal-hardcore et d’électro. Ce qui n’est pas forcément un mal, même si, globalement, L’Envers du Décor manque cruellement des quelques riffs fédérateurs et autres samples tueurs qui caractérisaient Manipulé et des titres comme "H200" ou "Bouge"… Les bons titres ne manquent pas ("{'DABLJU:}" - on vous laisse faire l’exercice de phonétique - , "A Gauche Comme A Droite", "Contre Courant", "Star System", …) mais les tubes accrocheurs sont malheureusement absents. On a un peu l’impression que la qualité accrue des paroles s’est faite au détriment de l’instrumentation.
        Évidemment L’Envers du Décor, devrait quand même plaire aux amateurs du groupe et peut-être même ouvrir la scène punk indépendante aux fans de metal/néo-metal héxagonal. Les connaisseurs apprécieront forcément cette nouvelle salve d’un des meilleurs groupes punk/hardcore/metal français, et ce malgré une qualité un peu en deçà de l’excellent Manipulé. Possédant le meilleur son de tous les albums, EP ou split de Tagada Jones jusqu’à présent, L’Envers du Décor est aussi une bonne manière de découvrir le groupe. Et les genevois seront contents (mais les autres aussi !) d’apprendre que sur le DVD qui accompagne le disque, figure quelques images du dernier concert du groupe en compagnie de son ancien bassiste, Pepel, enregistré début 2003 à l’Undertown de Meyrin…

MaL (11/03)